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lundi 19 juillet 2010

Les Assises de Rabat s’interrogent sur la responsabilité politique et sociétale des médias

 Les 42e Assises de l’Union internationale de la presse francophone, réunies à Rabat du 1e au 4 juin 2010, avaient pour thème «La responsabilité politique et sociétale des médias». Vaste programme, aurait pu dire le Général de Gaulle, d’autant que d’emblée certains orateurs ont abandonné le néologisme «sociétale» pour parler de responsabilité «sociale», ce qui allait sans doute au-delà des ambitions des organisateurs eux-mêmes. Lors de la première séance destinée à introduire le thème, le modérateur Jean Kouchner a souligné que la principale responsabilité des journalistes est la transmission de l’information et que les médias ne sont pas une marchandise comme les autres, ce qui paraît aller de soi, mais qui gagne à être répété dans un contexte de marchandisation croissante de la presse. Le président de la section française de l’UPF, Jean Miot, ancien patron du Figaro et de l’AFP, avait auparavant dénoncé les atteintes des dictatures de tous bords à la liberté de la presse. D’aucuns dans le public se sont demandé s’il faisait également allusion à la dictature de l’argent, à l’heure où les «marchés» terrorisent des pays entiers tels que la Grèce et l’Espagne…


Qu’est-ce que la liberté de la presse ?

Lors de la séance suivante, consacrée à l’exemple du Maroc, pays hôte des Assises, les exposés et les débats ont porté sur les notions de liberté de la presse (s’agit-il de la liberté des journalistes d’écrire ce qu’ils veulent, ou plutôt de celle des dirigeants d’entreprises de communication de véhiculer les idées qui leurs conviennent ?) et d’indépendance des médias. L’impression d’ensemble donnée par les divers exposés est que le qualificatif «indépendant» serait synonyme de «privé» et qu’une radio ne saurait être qualifiée de «libre»  que si elle ne relève pas du service public. L’un des orateurs, représentant les éditeurs, a ainsi affirmé que des «entreprises de presse suffisamment capitalisées et socialement responsables constituent une garantie d’indépendance», ajoutant que les médias sont «l’affaire des professionnels et pas des pouvoirs publics ou de l’Etat». Peu importe donc que les Etats puissent être démocratiques et représentatifs, ce qui leur confère une légitimité dont sont dépourvues les entreprises privées, non démocratiques par essence puisque leurs dirigeants ne sont pas élus.

Haro sur l’Etat

Cette orientation générale «anti-étatique» est apparue comme une constante de la quasi-totalité des exposés soumis à la réflexion des participants à ces 42e Assises. C’est ainsi que Loic Hervouet, intervenant parisien récurrent des ces rencontres annuelles, a qualifié de «dangereux» le contrôle étatique, au prétexte que l’Etat ne serait pas impartial, concédant toutefois que «les actionnaires et propriétaires peuvent ne rechercher que la rentabilité» et que «leur intérêt n’est pas toujours convergent avec celui du public». Pour sa part, Jean-Marie Colombani, ancien directeur du journal Le Monde et donc responsable avec Alain Minc et Edwy Plenel de l’état actuel de ce « grand journal du soir», a affirmé, en référence à la chute du mur de Berlin, que «les médias jouaient un rôle émancipateur». Un contradicteur lui a demandé alors si ce rôle s’arrêtait aux portes de l’Amérique latine, dont les dirigeants démocratiquement élus qui s’efforcent d’émanciper leurs peuples, en particulier les populations indigènes, ne suscitent guère l’enthousiasme des grands médias occidentaux, qui ont plutôt tendance à les dénigrer systématiquement. Citant les chaînes de télévision internationales créées récemment pour faire pièce à CNN, Colombani avait d’ailleurs mentionné Al Jazira, France 24 et la BBC, sans citer Telesur, chaîne lancée par une dizaine de pays latino-américains et dont l’audience est croissante dans toute la région. Volontaire ou non, l’omission semblait pour le coup assez significative… Sensé lui donner la réplique, Jacques Pilet, journaliste à l’Hebdo et membre de la direction du groupe Ringier, seul Suisse invité en tant qu’orateur à ces Assises, s’était malheureusement fait excuser pour raisons de santé, ce qu’ont déploré tous ceux qui auraient souhaité sortir un peu du débat franco-français ou franco-africain.

Figaro-ci, Figaro-là

Ce n’est certes pas le directeur général du Figaro, Francis Morel, qui allait rétablir l’équilibre. Au lieu de traiter de la responsabilité politique et sociétale des médias, le patron du Figaro s’est attaché à faire la promotion de son journal, paré de toutes les qualités, en se livrant au passage à une attaque en règle et appuyée contre le «journalisme citoyen», accusé de marcher sur les plates-bandes des médias établis. S’il est compréhensible que cette concurrence l’agace sur le plan commercial, plus étonnant était l’argument avancé, à savoir que ce journalisme citoyen donne de l’information brute, donc «sans valeur» car non mise en perspective ni formatée. Certains professeurs en journalisme du passé, qui insistaient sur la différence nécessaire entre les faits bruts et le commentaire, ont du se retourner dans leur tombe… Le président de la cour constitutionnelle du Bénin ayant fait le point sur les questions d’éthique et de déontologie en Afrique, la parole a été donnée au seul orateur à se placer en porte à faux par rapport à la tendance générale des débats. 

A contre-courant

Aymeric Chauprade, rédacteur en chef de la Revue française de Géopolitique, s’est en pris vivement, en effet, à l’attitude des grands médias occidentaux, surtout français, en matière de politique internationale. Il a dénoncé un parti pris systématique en faveur des amis des Etats-Unis d’Amérique et donc une hostilité symétrique à l’égard de leurs adversaires ou de tous ceux qui leur résistent. Donnant comme exemple l’attitude permanente de dénigrement de la Russie et de la Chine, il s’est étonné au passage de l’affection que portent les médias occidentaux au Dalai-Lama, représentant du régime théocratique obscurantiste et féodal qui a sévi au Tibet avant la révolution chinoise. Il a fustigé également l’attitude de ces mêmes médias, pour qui certains sujets sont tabous, comme la version officielle des attentats du 11 septembre ou le comportement d’Israël, tandis qu’ils n’hésitent pas à heurter des cultures différentes en insultant le prophète Mahomet ou d’autres figures religieuses pour prouver à bon compte leur indépendance.

Aymeric Chauprade a récemment été mis à la porte du Collège interarmées de défense de Paris, où il enseignait depuis des années, pour avoir seulement osé évoquer d’autres hypothèses d’explication des événements du 11 septembre : Il a certes gagné ensuite un procès contre le ministre français de la défense, mais dans l’indifférence générale de la quasi-totalité des grands médias. Il a donc eu beau jeu de dénoncer l’hypocrisie et l’arrogance de ces mêmes médias, par ailleurs si prompts à donner des leçons de démocratie et de liberté de la presse au reste du monde. Les applaudissements nourris et prolongés qui ont ponctué son exposé ont montré qu’il avait touché un point sensible pour une grande partie de l’auditoire. Ce qui n’a pas empêché certains participants français d’attaquer violemment ce conférencier en aparté, le traitant de fasciste, de révisionniste ou de pire encore, démontrant ainsi les limites de la liberté d’expression dans l’esprit même de ceux qui en parlent le plus.

En conclusion, même s’ils n’ont pas permis de résoudre aussi peu que ce soit les problèmes que connaissent actuellement les médias, les exposés et les échanges qui se sont déroulés dans le cadre de ces 42e Assises de la presse francophone ont certainement permis aux intervenants et aux participants de réfléchir à des questions importantes et d’en débattre librement.  Si la responsabilité politique et sociétale (et sociale !) des médias est incontestable, nul ne détient de recette miracle quant à ce qu’elle doit être et comment elle doit s’exercer. La question restera posée longtemps encore.     

Philippe Stroot







mardi 25 août 2009

Réunion de travail avec l’Alliance française en Moldavie et l’Organisation Internationale pour la Migration

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Au mois d’août le comité de notre section a tenu une réunion de travail avec Mme Louise Barseghian, représentante de l’Alliance française en Moldavie, et Mme Camille Chatelain, du bureau de l’Organisation Internationale pour la Migration. La réunion a eu lieu à la demande de Margareta Stroot, vice présidente de notre section, pour discuter des résultats du concours «Le Coing d’or» qui s’est déroulé aux mois de mars-juin avec comme thème La migration – opportunite ou menace

Les participants ont analysé l’organisation du concours, mais surtout ils se sont exprimés sur le contenu assez faible des essais présentés au concours. Tout le monde a convenu de la nécessité d’améliorer la distribution de l’information aux élèves et étudiants susceptibles de participer à ce concours l’année prochaine. Les moyens existants seront complétés par des affiches distribuées dans les écoles et lycées moldaves.

Par ailleurs le comité a commencé à réfléchir au thème du concours de l’année prochaine. Après le thème de la migration, nous considérons qu’un thème concernant la situation des enfants moldaves devrait être retenu. Ce choix permettrait de continuer à sensibiliser l’opinion publique aux problèmes posés par la migration de la force de travail, ainsi qu’aux difficultés des enfants restés dans le pays. Ce thème est d’autant plus actuel que la Convention des droits des enfants a été adoptée en novembre 1989. Cette année toute la communauté internationale célèbre cet événement important pour la protection des droits des enfants. En Moldavie ces droits ne sont pas toujours respectés.


samedi 1 août 2009

La IV-ème édition du concours “Le Coing d’or”

«La migration-opportunité ou menace ?» C’est le thème qui a été présenté, discuté et débatu le 11 juillet 2009 dans la salle «Dumitru Coval» de l’Université d’Etat de Moldavie. Les 11 candidats qui ont été choisis par un jury composé par des professeurs et des journalistes professionnels, parmi lesquels: M. Mihai Guzun, M. Vlad Pohilă, Mme Cezaria Vasilache, Mlle Aneta Gonta, Mme Dorina Andreev-Jitaru, Mlle Constanta Popa.

L’Alliance Française de Moldavie reste toujours présente dans l’organisation du concours étant représentée cette année par Mlle Louise Barséghian. L’Organisation Internationale pour la Migration a été représentée par: Silas Rapold et Camille Chatelain, qui ont fait parti du jury eux aussi. Comme ça la Suisse a été présente pour la deuxième fois dans l’organisation du concours.

Les sujets présentés par les 11 jeunes filles (c’était surtout les filles qui ont été présentes pour cette IV-ème édition du concours) ont frappé les membres du jury par la complexité avec laquelle ceux-ci ont été traités. Les participantes ont étudié les causes de l’apparition de la migration dès l’antiquité. Les lycéennes et les étudiantes se sont documentées dans les dossiers de la médiathèque de l’Alliance Française, sur internet ainsi que dans la presse locale pour mieux s’informer et pour apporter des preuves qui seront à la mesure de convaincre le public (jury, parents, invités d’honneur, autres participants au concours) que c’était leur idée concernant la migration qui était juste. Par exemple, Irina Paladi, étudiante à l ‘Académie des Etudes Economiques a effectué un sondaje auprès de 200 jeunes pour mieux illustrer ses thèses.

Des données précises concernant le nombre d’immigrés, les pays de destination, les causes et les attentes de l’immigration ont été exposées devant le jury avec beaucoup de persua et surtout avec des émotions. Parmi les titres donnés on pourrait citert «Le siècle des immigrés», «Emigrer pour survivre», «La migration: aspects contradictoires».

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Après la déliberation du jury, le premier prix, un appareil photo, accordé par l’Organisation international e de la Migration a été accordé Mlle Soboleva Tatiana, élève en XI-ième classe au lycée « Gh. Asachi » de Chisinau.


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Tatiana Soboleva, élève en XI-ième classe au lycée «Gh. Asachi» de Chisinau - I Prix.

Après la déliberation du jury, le premier prix, un appareil photo, accordé par l’Organisation Internationale de la Migration a été accordé Mlle Tatiana Soboleva, élève en XI-ième classe au lycée «Gh. Asachi» de Chisinau. Le deuxième prix a été accordé à Cristina Grati et Eugenia Iurco. Trois autres participantes ont partagé le III prix : Marcela Cucerean (Anenii-Noi, Irina Paladi (Chişinău) et Victoria Purici-Şuşu (Soroca). Deux prix spéciaux ont été gagnés par Olga Cebotarean (Soroca) et Speranta State (Chişinău). Un prix d’encouragement a reçu Daniela Dermengi. Des mentions ont été accordées à Tatiana Ilescu et Tina Parferi.



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Speranţa State (étudiante en II-ème année à la Faculté du Journalisme de l’UEM) a touché le public par son étude de cas.

Le thème débattu cette année a fait preuve d’une conscience civique élevée chez la jeune génération des Moldaves, fait qui nous a beaucoup impressionnés. On voudrait bien penser que la participation à ce concours aidera tous les participants à se faire des conclusions sérieuses concernant l’état des choses dans notre pays, ainsi que dans le monde entier concernant le phénomène de migration.

Des reflexions profondes, des idées précises sur le sujet, une ambiance sérieuse, mais très amicale, voilà l’état d’âme qui dominait dans la salle «D. Coval» de l’UEM en présence des gagnats des éditions antérieures du concours et des membres de la Section moldave de l UPF – organisateurs du concours «Le Coing d Or» la traductrice de l’hymme du concours «Le coing d’or».

TATIANA PETCU, PRESIDENTE DU JURY

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© photos Ion Grosu

lundi 29 juin 2009

«Le Coing d’or» ... mûrit à Chişinău

Récemment, à la Bibliothèque «Onisifor Ghibu» a été lancée la quatrième édition du concours d’essais et de photographies sur le thème «La migration – opportunité ou menace».

«Le concours Le Coing d’or mets en valeur les préoccupations journalistiques des jeunes francophones qui n’ont pas trouvé jusqu’à présent de canal propice à l’exercice de leur talent», explique Silvia Grossu, qui a lancé ce concours.

Les organisateurs du «Coing d’or» sont la Section moldave de l’Union de la Presse Francophone (l’une des plus actives parmi les quelque 150 que compte l’Union dans le monde entier), l’Alliance Française, le Centre Indépendant du Journalisme, la Faculté de Journalisme et Sciences de Communication de l’Université d’Etat, ainsi que l’Organisation Internationale pour la Migration (OIM). La section moldave de l’UPF publie le seul journal en français du pays «Courrier de Moldavie».

La collecte des essais se déroule du 20 mars au 30 juin. Les prix seront décernés le 12 juillet 2009.

Peuvent participer les lycéens, étudiants et autres jeunes de 15 à 25 ans, qu’ils résident en Moldavie ou à l’étranger (à condition toutefois qu’ils soient citoyens de la République de Moldova et qu’ils aient une bonne connaissance de la langue française). Les jeunes entre 18 et 25 ans peuvent également participer à la section de photojournalisme.

Lors du lancement du concours la plupart des participants ont parlé en français. La modératrice, Constanţa Popa, présidente de la Section moldave de l’Union de la Presse Francophone, a offert, à tour de rôle la parole à chaque membre du jury. Tatiana Petcu, la présidente du jury, a parlé du règlement du concours, Louise Barseghian, la représentante de l’Alliance Française, a mentionné le partenariat avec la Moldavie. Martin Andreas, le chef du bureau de l’OIM en Moldavie, a présenté différentes brochures sur le sujet de la migration. Vlad Pohilă et Victor Moraru, autres membres du jury, ont précisé les modalités de rédaction des essais et ont promis de publier les meilleurs.

Je me suis demandé d’où venait ce nom de «Coing d’or». Et j’ai appris que le coing symbolisait la fertilité. Le concours attend donc des créations fertiles sur le thème de la migration. Même si ce phénomène est perçu de manière plutôt négative, les organisateurs espèrent en recevoir des approches positives.

Sofia Obadă, Etudiante, Faculté du Journalisme et des Sciences de la Communication